OFQJ

3 enseignements utiles pour aider un entrepreneur français à décoder les bases de l’environnement d’affaires montréalais – et plus généralement québécois

Par le 6 avril 2017

Les Québécois sont connus pour être naturellement accueillants et accorder facilement sa chance à un nouvel interlocuteur. Ils tutoient facilement (presque immédiatement). Leurs expressions engageantes sont d’ailleurs à l’image de leur bienveillance. Chez eux, par exemple, « prendre un risque » c’est « prendre une chance », souhaiter « bonne chance » c’est souhaiter « bon succès », etc. D’un autre côté, ils perçoivent les Français comme étant trop sophistiqués, trop compliqués (y compris dans le cadre de négociations).

Qu’en est-il vraiment des possibilités de développement d’une activité au Québec avec les acteurs locaux quand on est Français ? Voici quelques enseignements qu’ont pu faire les membres de la délégation OFQJ lors de la Semaine Numérique de Québec 2017.

1. Un environnement Startups et Business très attractif, ouvert à l’international.

À Montréal, le high tech est concentré dans 3 secteurs : aérospatial, TIC, et Sciences de la Vie et technologies de santé. À 60 minutes de vol de New York ou Boston, à 90 minutes de Chicago, Montréal est un marché ouvert sur l’international. C’est d’ailleurs la première ville d’Amérique pour l’accueil de réunions internationales, (l’infrastructure est donc adaptée, les rencontres internationales accessibles).

Montréal compte plus de 40 incubateurs/accélérateurs (soit un incubateur/accélérateur pour 42 000 habitants). 123 000 euros sont investis en moyenne par start-up. Elles représentent un peu moins de 8000 emplois répartis entre 2300 start-ups (on y croise d’ailleurs assez vite de nombreux start-upers français).

Le Canada est le pays d’Amérique du Nord où les coûts d’exploitation sont les plus bas pour une entreprise. Les aides financières se présentent surtout sous forme de crédits/remboursements d’impôts. Le dispositif du VIE (Volontariat International en Entreprise), souvent méconnu, est un dispositif intéressant à découvrir pour les entreprises qui souhaiteraient recruter pour s’implanter/se développer au Québec.

Et comme en plus Montréal a été élue meilleure ville étudiante au monde en 2016, les talents créatifs et business ne manquent pas pour développer les projets !

2. Des prises de contact simples, respectueuses et efficaces.

DSC05247Au Québec, ce qui intéresse les investisseurs lors d’un 1er contact tient simplement en 3 points : 1. la problématique à laquelle s’attaque votre projet ; 2. la solution que vous proposez et la différence avec la concurrence ; 3. ce que vous pouvez offrir à votre interlocuteur. Concentrez-vous là-dessus seulement. Sinon, vous confirmerez la perception qu’ont les Québécois des Français : des entrepreneurs qui oublient de partir du problème, voire pire, des spécialistes pour « générer » du problème avec du problème…

Un rendez-vous s’organise dans des délais courts. Et le Président est généralement aussi disponible et accessible qu’un « simple » salarié. Si on vous propose un rendez-vous dans la semaine et que vous expliquez que vous ne pouvez pas avant 20 jours, votre interlocuteur considérera que vous êtes irrespectueux de son agenda, et inversement ! Tenez-en compte. Et attendez-vous à rencontrer des directeurs souvent plus jeunes qu’en France (ici, chacun est responsabilisé et peut prendre sa chance).

Concernant le format d’un rendez-vous, ils sont plus concis que chez nous (ce qui peut être un peu frustrant les 1ères fois). Quand un français peut facilement passer 1h en rendez-vous, les Québecois ont tendance à optimiser les choses en 20 minutes autour d’un problème ou d’un objectif clair, pour définir immédiatement une solution (idem pour la longueur des mails échangés : réduisez de moitié la longueur de vos mails par rapport à d’habitude, essayez de dire la même chose en deux fois moins de mots).

3. Deux lieux de rendez-vous social incontournables au Québec : le 5 à 7 et LinkedIn !

Le 5 à 7 est un rendez-vous incontournable au Québec. Il a lieu autour d’un verre après une journée de travail qui finit généralement entre 17h et 18h (sauf exception – finir plus tard signifie que le travail a été mal organisé et qu’il faut vite trouver une solution, pour laisser une vraie place à la vie privée). Les Québecois définissent ce moment de réseautage comme un processus de vente basé sur une approche sociale.

Avant ou après une rencontre professionnelle, les Québécois ont un réflexe : aller consulter votre profil LinkedIn. Si vous ne l’utilisez pas en France, créez-en un et/ou tenez-le donc à jour !

Au final, les « préliminaires » ont tendance à être plus rapides au Québec. Mais être accessibles n’engage en rien vos interlocuteurs. Et les relations une fois établies ont tendance à être de plus courte durée qu’en France. Nos (non-)cousins nord-américains ont plutôt la culture du court terme et de la responsabilisation. Anticipez si vous avez l’intention de développer une activité au Québec.

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Article écrit par Francis Blanrue, membre de la délégation française emmenée par l’OFQJ à la Semaine Numérique de Québec 2017. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la présentation de Francis Bélime (entrepreneur français installé au Québec), il fait partie des acteurs locaux ayant partagé son expérience avec la délégation.