IMG_7874
OFQJ

Focus sur Maia Mater, Camp d’entrainement pour primo-entrepreneurs – « Rencontre avec Damien Dumont, Directeur général de Maia Mater ».

Par le 13 juin 2018

Le mardi 12 juin 2018, la délégation a fait connaissance avec Damien Dumont ou la « Super Nanny » des primo-entrepreneurs. Cette personnalité bien connue de l’écosystème nantais accompagne quotidiennement et depuis maintenant deux sessions, de jeunes porteurs de projets grâce à un programme aussi atypique qu’innovant appelé Maia Mater.

C’est au sein d’une ancienne caserne militaire de 16 hectares réaménagée à cet effet qu’il nous a reçu. Maia Mater accompagne actuellement 28 porteurs de projet aux profils divers : étudiants, en sortie d’études ou en reconversion professionnelle. La communauté Maia Mater s’identifie en tant que « doers » faisant référence à l’implication des jeunes dans leur projet et dans le projet commun de Maia Mater incarné par le format « bootcamp ».
Maia Mater est donc comparable à une pépinière qui accompagne, loge et nourrit chacun de ses membres afin qu’ils puissent se consacrer exclusivement à leur développement. Mais qui de mieux pour nous parler de ce concept que Damien Dumont, son directeur général ?

« – Pouvez-vous nous présenter Maia Mater ?

Damien Dumont – Maia Mater est un camp d’entrainement pour les « doers » présent à Saint Nazaire et à Nantes. Il s’agit de 28 jeunes diplômés, étudiants ou en reconversion professionnelle qui arrivent avec leurs problèmes ou idées. A l’issu d’un premier accompagnement en 4 mois, ils sont préparés à repartir avec un véritable plan d’actions afin de générer leurs premiers clients et leurs premières ventes.

Comment envisagez-vous cet accompagnement ?

Damien Dumont
– La méthode employée au sein de Maia Mater est celle du « petit pas ». Chaque semaine, et plus précisément chaque lundi, nous leur fixons des objectifs simples à réaliser pour la semaine. A cette occasion, nous cherchons à redéfinir, réévaluer et revalider le postulat ou problème initial. En allant « petit pas par petit pas » nous allons tester des prototypes, des ventes. Le but à l’issu de ces 4 mois c’est de favoriser la créativité et l’innovation.

Chaque lundi, les membres se réunissent autour d’un gros petit-déjeuner. Nous nous réunissons afin d’échanger sur les évènements de la semaine et la réalisation des objectifs fixés la semaine précédente. En ce qui concerne le reste de la semaine, les « primo-entrepreneurs » assistent à des conférences, workshops qui traitent de business, de développement, de design ou autres. Le vendredi, nous avons mis en place un système appelé « Office Hour ». Durant cette période, le mentor d’une startup (le plus souvent parisienne ou nantaise) va recevoir les équipes une par une, faire un retour et une analyse de leur projet, discuter avec eux et leur donner des pistes afin qu’ils puissent avancer et accélérer.

Il y a t-il un modèle duquel Maia Mater a tiré son inspiration ?

Damien Dumont – A Maia Mater, nous sommes adeptes du format vidéo de « Koudeta », de The Family. Nous consacrons souvent du temps au visionnage d’une ou plusieurs vidéos afin d’inspirer et de former les primo-entrepreneurs.

Peut-on parler d’une méthodologie « stricte » et directive ou davantage « souple » ?

Il n’y a pas vraiment de méthodes définies à l’avance. Il existe de nombreux outils pour aiguiller les participants comme par exemple les post-its. Toutefois, ils ne sont en aucun cas obligatoires, ils servent de soutien et d’appui pour l’avancée des projets. Le but de ces aides « visuelles » est de leur permettre de repenser en permanence à leur problématique mais aussi à leurs objectifs fixés pour la semaine. A l’avenir, cela leur servira à se donner de bonnes habitudes et notamment en matière de ventes. Par exemple, sur une semaine, ils peuvent se fixer un objectif de « X ventes » à accomplir.

« Le petit pas » ce sont des bonnes habitudes que nous leur enseignons. Notre pédagogie est centrée sur la remise en question et la revalidation nécessaires des besoins de la startup : quels sont tes besoins ? Quel est le contexte dans lequel tu t’inscris ? As-tu envisagé le prototype ? A Maia Mater, il ne s’agit pas de rester 10 ans sur quelque chose qui ne va jamais fonctionner. Il s’agit d’avancer sur quelque chose de concret et qui a des chances de survie.

En quoi pensez-vous que Maia Mater se distingue d’autres projets d’incubation ? Au-delà de la gratuité et du caractère 100% immersif ? Quelle en est la plus value ?

Damien Dumont – Le but est de les entourer à une fréquence soutenue de mentors et de coachs qui sont des fondateurs de startup. Nous nous appuyons sur l’écosystème Nantais qui est à leur disposition pour leur permettre d’avancer. Nous ne sommes pas sur une méthode radicale. Nous allons nous adapter à chaque équipe et à leur façon de travailler. Notre but est de les challenger au quotidien, de suivre leur évolution, et de les conseiller pour qu’ils avancent rapidement. En résumé, c’est être dans le « rush » tout le temps, en permanence.

Compte tenu de votre programme organisé en différentes périodes et d’un accompagnement de 4 mois au début, ne pensez-vous pas qu’il est risqué de les envoyer sur le terrain dès le début ?

Damien Dumont – Ce n’est pas un risque d’être dans la « jungle » au bout de 4 mois. Nous leur avons présenté l’écosystème, le réseau entrepreneurial local. En général, ils savent très bien où ils doivent aller. Nous les avons emmené à la rencontre des incubateurs locaux comme La Cantine ou encore Startup Palace. Ils connaissent donc beaucoup de monde.

Ne pensez-vous pas que le format bootcamp et l’accompagnement permanent puisse être risqué dans l’accompagnement de jeunes startups ?

Damien Dumont – Selon moi, il n’y a pas de risque de ce côté là. Nous n’avons pas le rôle de « nounou ». Nous les accompagnons, mais nous ne réglons pas les problèmes, nous leur apprenons à les régler par eux-mêmes. C’est un programme qui reste très encadré, mais ils sont responsables de leur projet du début à la fin. »

Nous remercions encore une fois Damien d’avoir accepté de participer à cette interview et de nous avoir permis de passer une journée instructive au sein de ce camp d’entrainement pour primo-entrepreneurs !

TAGS
RELATED POSTS